vendredi 20 mars 2015

Xénophobe en bord de la mer

Xénophobe en bord de la mer
J’ai peur de ce qui est m’étranger. Alors, par définition,  je suis xénophobe.

En Octobre dernier,  en bord de la mer Adriatique,  j’attendais mon mari qui faisait de la plongée seul avec tuba. La nuit a commencé à tomber. Il s’est mis à pleuvoir.

J’ai peur de la mer. J’ai peur de l’obscurité. J’ai peur de tomber du bateau à la renverse dans la mer profonde. Le lendemain, mon mari a insisté pour que je fasse juste cela.

Le matin, nous avons plongé à une profondeur de trois mètres. Nous avons nagé du côté du littoral rocheux. Le fond de la mer était couvert d’ordures. J’étais serrée dans ma combinaison de plongée. Je n’étais pas capable de respirer. L’instructeur m’a dit que c’était normal.

L’après-midi, je suis tombée à la renverse à partir du bateau. L’oxygène faisait des bulles. L’eau a roulé dans mes narines. J’ai paniqué alors je me suis agrippé au rebord du bateau. Je toussais. L’instructeur m’a expliqué que l’eau n’entrait pas dans mes narines. Il m’a montré comment les bulles du régulateur éclaboussaient et mouillaient le nez. C’était ce genre de membrane d’eau qui créait la sensation que l’eau pousse l’oxygène hors des poumons et que je me noierais. L’instructeur a démontré comment le régulateur fonctionne en pointant avec le doigt aux points de contact comme un comptable pourrait dit : paraphez là, là et là et signez là. C’était compris : s’il m’avait laissée au fond de la mer, il serait rentré chez lui de la même façon que d’habitude.

   Sous la mer, mes tympans et mes sinus faisaient mal.  L’instructeur a vu que je touchais mon nez, que cela me faisait mal. Il a poussé au centre de son masque vers le haut pour me rappeler comment réguler la pression avec l’air qu’il a fait la leçon éprouvé des milliers de fois. C’était stressant, mais la mer était belle. Des poissons de toutes les couleurs nageaient partout. À côté du bateau encore une fois, mon nez a commencé à saigner.

   L’instructeur m’a dit en hâte,  « C’est rien, c’est normal. Mais, il faut pas que vous ne saignez dans mon bateau. » Il m’a donné un mouchoir sans me regarder. Je regardais la mer sombre et agitée, bien que j’aie vue le monde calme et tranquille qui se trouvait en dessous. Parfois dans mes rêves je nage encore dans le silence sourd et la lumière qui est concentrée là-bas.

Cette journée-là me rappelle comment lorsqu’on visite des pays étranger, tout semblent dangereux. Par exemple, on doit dépendre de l’aide d’étrangers. Finalement, qui oserait dire qu’il vaudrait mieux rester à la maison?


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire